Pour une flotte électrique, la recharge à domicile n'est pas un cas marginal, c'est le flux de remboursement le plus fréquent à gérer. Selon une enquête Enedis CSA de 2025, 77% des recharges de véhicules électriques en France s'effectuent à domicile.
Autant dire que la manière dont une entreprise traite cette note de frais a un impact direct sur sa charge administrative et sur son exposition en cas de contrôle.
Contrairement à une note de frais classique, la recharge à domicile ne repose pas sur un ticket de caisse.
Le collaborateur consomme de l'électricité sur son propre contrat, souvent mélangée à sa consommation domestique. Reconstituer un montant fiable pour son véhicule de fonction suppose donc un suivi précis des kWh rechargés, et non une estimation forfaitaire approximative.
Deux méthodes de remboursement existent, avec des niveaux de sécurité très différents. Le remboursement au coût réel, basé sur les kWh effectivement rechargés et le prix réel de l'électricité payé par le collaborateur, reste la voie la plus sûre face à un contrôle URSSAF.
Le forfait kilométrique électrique, calculé sur la base d'un tarif de référence publié annuellement par l'Avere-France, reste possible mais expose à un risque de requalification en avantage en nature si le montant versé dépasse la dépense réellement engagée par le salarié.
Sur ce point, le traitement URSSAF diffère nettement selon le lieu de recharge. L'usage privé d'une borne installée sur le site de l'entreprise reste exonéré d'avantage en nature jusqu'au 31 décembre 2027.
Pour la recharge à domicile, en revanche, aucune exonération automatique de ce type ne s'applique : c'est la justesse du remboursement, documentée mensuellement par véhicule, qui sécurise la pratique.
Une partie de vos collaborateurs vit en immeuble collectif, où la situation reste très hétérogène d'un logement à l'autre. Selon le dernier baromètre Avere-France, AFOR et Enedis, seuls 18 289 immeubles collectifs, sur les 252 000 disposant d'un parking en France, étaient déjà équipés d'une infrastructure de recharge au deuxième trimestre 2026, soit 7,2% du parc, malgré une progression de 45% en un an.
Pour beaucoup de collaborateurs en copropriété, la recharge s'effectue donc encore via une prise individuelle installée grâce au droit à la prise, un mécanisme légal qui permet d'équiper sa place de parking sans attendre une décision collective. Votre politique de remboursement doit prendre en compte cette réalité, sans quoi une partie de vos collaborateurs se retrouve sans solution documentée pour justifier ses frais de recharge.
Trois principes réduisent significativement le risque en cas de contrôle. Documenter systématiquement les kWh rechargés par véhicule, plutôt que de raisonner en montant forfaitaire global.
Conserver un justificatif mensuel associant le véhicule, le collaborateur et le montant remboursé. Et surtout, éviter tout écart entre le montant versé et la dépense réellement engagée par le salarié, l'écart étant précisément ce qui déclenche une requalification en avantage en nature.
Gérer ce suivi manuellement, véhicule par véhicule et mois par mois, devient rapidement lourd dès que la flotte électrique dépasse quelques dizaines de véhicules.
Une solution qui centralise la recharge à domicile, l'itinérance et les bornes sur site permet de générer automatiquement les exports de paie et d'automatiser le remboursement des collaborateurs directement sur salaire, sans ressaisie manuelle côté RH.
C'est précisément l'écart entre une politique de recharge qui existe sur le papier et une politique réellement appliquée et documentée au quotidien.
Le remboursement doit correspondre à une dépense réellement engagée pour le véhicule de fonction, documentée par les kWh rechargés et le prix réel de l'électricité, avec un justificatif mensuel par véhicule. C'est la méthode la plus sûre face à un contrôle URSSAF.
Il reste possible, mais expose à un risque de requalification en avantage en nature si le montant versé dépasse la dépense réellement engagée par le salarié. Le remboursement au coût réel reste la méthode la plus sécurisante.
La majorité des copropriétés françaises ne disposent pas encore d'infrastructure de recharge collective. Le collaborateur recharge alors souvent via une installation individuelle sur sa place de parking, dont les frais doivent être documentés et remboursés selon les mêmes règles que pour une maison individuelle.
