C'est un sujet qui fait beaucoup parler du côté des gestionnaires de flotte en ce moment.
Le Royaume-Uni vient de confirmer le cadre définitif d'une nouvelle taxe kilométrique applicable aux véhicules électriques. De quoi relancer une question que beaucoup se posent en France : un dispositif similaire pourrait-il un jour s'appliquer de ce côté-ci de la Manche ?
Le 13 juillet 2026, l'administration fiscale britannique HM Revenue & Customs a publié le cadre définitif de l'eVED, l'Electric Vehicle Excise Duty, une taxe kilométrique qui entrera en vigueur le 1er avril 2028, selon Automobile Propre. Le dispositif concernera les voitures 100% électriques, les hybrides rechargeables et les véhicules à hydrogène.
Les véhicules 100% électriques seront taxés à hauteur de 3 pence par mile parcouru, soit environ 2,2 centimes d'euro par kilomètre. Les hybrides rechargeables bénéficieront d'un tarif réduit, fixé à 1,5 penny par mile, précise Automobile Propre.
Chaque propriétaire devra déclarer une fois par an le kilométrage relevé sur son compteur, au moment du renouvellement de sa vignette de circulation, avec une régularisation ultérieure selon la distance réellement parcourue.
Cette taxe kilométrique ne sort pas de nulle part. Depuis le 1er avril 2025, les véhicules électriques britanniques ont déjà perdu leur exonération historique de la Vehicle Excise Duty, la vignette automobile classique. Ils s'acquittent désormais d'un tarif standard, avec un supplément pour les modèles dont le prix catalogue dépasse 50 000 livres, comme le détaille Drive Electric. L'eVED viendra s'ajouter à cette taxe de circulation déjà en vigueur.
L'objectif affiché par le gouvernement britannique reste avant tout budgétaire. Les véhicules électriques, en ne consommant ni essence ni diesel, échappent aux taxes sur les carburants qui financent traditionnellement une partie des infrastructures routières.
Avec la progression continue des immatriculations électriques, ce manque à gagner devient significatif pour les finances publiques du Royaume-Uni.
À ce jour, aucune mesure équivalente n'est à l'étude côté français. Les véhicules électriques restent encore exemptés de malus au poids en 2026, et le financement des routes reste assuré par la fiscalité existante, notamment la taxe sur les carburants (ex TICPE), rapporte Automobile Propre.
Le raisonnement qui sous-tend l'eVED britannique n'est pas propre au Royaume-Uni. Les véhicules électriques ont représenté 29% des immatriculations de voitures neuves en France au premier semestre 2026, même si leur poids dans le parc automobile total reste encore limité, à moins de 4% début 2026.
À ce rythme de croissance, la question du financement des infrastructures routières finira par se poser. Lors des Rencontres Flotauto de Paris, en mars 2026, Marc Jaubert, manager chez le cabinet de conseil Cristal Décisions, évoquait déjà cette perspective auprès de Flotauto, estimant qu'une telle mesure pourrait un jour être étudiée en France.
Rien ne change à court terme pour les flottes françaises. Mais l'exemple britannique rappelle une réalité structurelle : la fiscalité automobile évolue en continu, et les paramètres qui sous-tendent aujourd'hui le calcul du TCO d'une flotte électrique, énergie, entretien, fiscalité, ne sont pas figés dans le temps.
Nous détaillons dans notre article sur le TCO de la flotte automobile électrique comment intégrer cette part d'incertitude fiscale dans les arbitrages de renouvellement.
Non. L'eVED entrera en vigueur le 1er avril 2028. Seule la fin de l'exonération de VED, entrée en vigueur le 1er avril 2025, s'applique dès aujourd'hui aux véhicules électriques britanniques.
Non, aucun dispositif équivalent n'est annoncé ni à l'étude à ce jour. La progression rapide des immatriculations électriques pourrait relancer ce débat dans les prochaines années.
L'objectif est principalement budgétaire, pour compenser la baisse des recettes issues des taxes sur les carburants à mesure que les véhicules électriques, qui n'en consomment pas, se multiplient dans le parc automobile.


